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... Claudine est morte ok là?

Chronique No 2 · 15 février 2016 · Catherine Lavoie

Aujourd’hui c’est complètement, totalement, une journée ou je me demande pourquoi ai-je choisi cette vie. Pas juste un peu. Non Non, no! Une journée du genre : « Je fous tout ça là et je m’en vais faire du pain dans une yourte en Gaspésie! »

Cette envie de hippie me vient de temps en temps quand je me sens à la hauteur de … RIEN, quand tout me dépasse. Ce matin, en arrivant au bureau on m’informait via courriel que je n’avais plus de commis comptable: démission. Pas de pré avis. Comme ça. T’imagine le genre de patronne moche que je peux être pour ne pas mériter une seule journée d’avis. Arrange toi la grande! Bref, je saute sur le téléphone et appelle ma super pro des ressources humaines, Catherine. Je dois pouvoir la forcer, au moins pour une semaine, ou bien un transfert de connaissance? Même pas qu’elle me répond à moins de vouloir poursuivre au civil et blablabla. Grrr!!!! colère intense mélangée avec un peu, de panique. D’accord. Beaucoup. Elle dit qu’elle va m’aider, mais il faut être patient. Une perle ne se trouve pas en un jour ! Ha non? Et je fais quoi en attendant?

Alors donc, comme j’ai des paies à faire, une déclaration CCQ et des remises, j’ouvre le logiciel et je m’exécute. Telle une championne olympique, je complète toutes les étapes avec aucun message d’erreur. Je remercie le ciel, qu’un jour gris où ma totale confiance envers ma commis comptable a été suffisamment ébranlée pour que je lui demande de me montrer les opérations courantes ET de rédiger un cahier de charges. Juste au cas que je lui ai répondu quand elle m’a regardé avec sa face de : « Ben voyons! Je ne m’en vais pas, veux tu me remplacer coudonc? » Je me demande si à ce moment elle n’avait déjà commencé à chercher … enfin bref..

Je commence donc ma journée à 11h, après avoir terminé les paies interrompue par quatre employés qui me demande « Est où Claudine? » Et moi de répondre : « Claudine est morte. »

Non, ça c’est pas drôle. Bien sur que je ne réponds pas cela. Je réponds plutôt : Madame Claudine a pris la décision de poursuivre son cheminement professionnel dans une autre entreprise. J’ai déjà confié le mandat de recrutement à une firme externe; afin de la remplacer. D’ici là vous pouvez vous en référer à moi. » Je respire. Je prends une note : transmettre un courriel à tous les employés, clients, fournisseurs, faire retirer les accès, aviser la centrale du système d’alarme… »

Enfin une bonne nouvelle dans ma boîte courriel, nous avons l’autorisation de soumissionner sur un projet de plus de 100 000 $. La dernière fois nous avions été refusés parce que nous n’avions pas de politique sur l’égalité en emploi. Bonheur! Un contrat au public, c’est immensément complexe mais ça vaut de l’or puisque ça assure du travail pour les trois prochaines années à une équipe complète. Entendre ici, je suis certaine de pouvoir faire travailler mes meilleurs et ne pas les perdre! Je lis le tout en diagonale, conditions d’admissibilités, quatre projets similaires. Tout est ok! Date de dépôt : dans 10 jours? Quoi? Mais quelle TPME peut produire un document de 150 pages, en quatre copies, tout en poursuivant ses opérations courantes et sans soutien administratif. Le spectacle de piano de ma fille. J’oublie, entrainement dans 10 minutes, go, j’en ai besoin. J’arrive au gym, bonjour rapide, change de vêtements, j’ai oublié mes souliers! Non. Advienne que pourra je m’entrainerai nu pied; j’en ai besoin.

Tout va bien, une série. Deux séries. Troisième round : je pense à ma soumission et hop! J’échappe l’haltère directement sur mon pied! Comment ai-je pu être si nulle? Après un cri de douleur indescriptible, je boite jusqu’à la salle de bain où j’éclate en sanglot. Je panique. Comment vais-je y arriver? Ressaisis toi Gaëlle, tu es capable! Je ravale un bon coup, me relève, essuie mes joues et je sors. Tout va bien, je vais aller consulter pour être certaine. Un petit saut au bureau, j’attrape mon portable et en route vers le projet « vraiment pas prévu, urgence interminable ».

Et demain, ni vu ni connu, j’entrerai au bureau tout sourire… probablement en béquille.

Et vous, avez-vous déjà trouvé vos responsabilités dures à porter?

Véronique et Gaëlle sont des sœurs jumelles, alter ego de nos consultantes. Inspirées par leur quotidien, vous pourrez découvrir comment elles assument leurs fonctions respectives, leurs hauts comme leurs bas. Qui sont-elles?

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